| Niveau | 15 | Taille | - | VM/RA | VS |
| Mvt | 30 | Cadence max | Jog | Bonus MM | 100 |
| PdC | 250 | Crit | LA# | TA(BD) | 20 (80) |
| #Renc | 1 | Trésor | Aucun | Bonus d'exp | I |
| Combat | 100LBa 30/ 90LGr 70/ 130HCr<< | ||||
| Habitat | Voir description | ||||
| Attitude | Autoritaire, aimante, coléreuse | ||||
Dans la nouvelle "La Vénus d'Ille", Prosper Mérimée nous présente le décès d'un jeune marié retrouvé mort dans son lit de noce, les os brisés, son corps portant les traces d'une étreinte incroyablement puissante, cause apparente du décès. Le lecteur comprend vite que son assassin n'est autre qu'une statue de bronze représentant Vénus, à l'annulaire de laquelle il avait passé son alliance car celle-ci, trop étroite, lui faisait mal.
Je prends la liberté d'élaborer sur le travail de cet auteur, trop souvent méconnu du grand public, afin de vous livrer une nouvelle créature. Merci à lui, par-delà le voile de la mort, pour le petit trésor que représentent ces quelques pages de littérature fantastique.
Cette créature est présentée de façon à être jouée dans notre monde. Néanmoins, il suffit de quelques ajustements pour pouvoir la jouer dans n'importe quel cadre de jeu.
Dans les temps anciens, les temples idolâtres exposaient des statues pour que le public vienne leur rendre hommage, leur offrir des sacrifices ou simplement les vénérer. Les sculpteurs rivalisaient d'adresse et d'artifices pour produire des œuvres parfaites, nombre d'entre elles provoquant encore notre émerveillement. Pour les prêtres et les fidèles, ces statues possédaient une étincelle de la grâce divine de celui ou celle qu'elles représentaient. Avoir une statue ainsi exposée dans un temple privé ou public était un grand honneur pour un sculpteur.
Lorsque l'un d'eux se dépassait et versait tout son art, son amour et sa foi dans son œuvre, il arrivait que le dieu ou la déesse accordât réellement une part de sa grâce à sa statue, acceptant ainsi le travail du sculpteur comme digne de leur être, tout en étendant leur bénédiction sur l'artiste par la même occasion. La statue devenait ainsi une représentation de la divinité sur terre, irradiant une sorte de magnétisme propice à l'exaltation des vrais fidèles.
Parmi ces statues, certaines représentaient Vénus, Aphrodite ou d'autres déesses incarnant l'amour et le désir. Vêtues, parées de bijoux, parfumées et trônant dans de somptueux temples où brûlaient les encens, elles réjouissaient le cœur des fidèles. Il arrivait parfois que l'un d'eux s'éprenne sincèrement de la déesse au travers de sa statue. La représentation matérielle de leur bien aimée devenait pour eux une obsession et les rumeurs parlaient de statues vivantes, rendant leur affection à ces hommes au cœur pur. Naturellement, les prêtres ne relâchaient que rarement leur vigilance et surveillaient jalousement ces trésors, de sorte que ces rumeurs ne furent jamais prises au sérieux.
Depuis les temples ont été abattus, les statues détruites, profanées ou jetées dans les fleuves ou la mer et les religions du livre interdisent les représentations physiques du divin. Les dieux antiques sombrent peu à peu dans l'oubli et seuls les poètes les invoquent encore pour flatter les grands de ce monde.
Il arrive cependant qu'on exhume une ancienne statue de bronze massif, les plus résistantes. Salies de vert-de-gris, parfois endommagées, elles sont un rappel de la gloire des temps passés. Certaines représentent des femmes d'un beauté extraordinaire. Peu se doutent de la chance ou du danger que ces objets représentent.
Oubliées de tous, les déesses d'antan se morfondent, privées de l'affection, de la dévotion et de l'admiration de leurs fidèles. Elles n'ont plus de romances à bénir ni d'êtres à chérir en retour de leur foi sincère. Seules, perdues dans les limbes froides et obscures de l'oubli, elles sont rongées par le chagrin, la solitude et le ressentiment envers les mortels. Leurs statues, extension de leur être dans le monde matériel, attendent impassiblement qu'on les adore, les vête et leur accorde l'attention qu'une déesse est en droit d'attendre.
Dans les limites géographiques de l'Empire romain.
Les veuves brunes sont des créatures adaptées à tous les niveaux de magie et à toutes les époques. La description ci-dessous part du principe que la créature intervient pendant la période médiévale de notre monde.
Les veuves brunes sont les représentantes dans notre monde de déesses abandonnées. On en trouve jetées dans les cours d'eau, au fond des mers, enterrées ou abandonnées au cœur d'anciennes ruines. Parfois, l'une d'entre elles est ramenée parmi les mortels par un collectionneur, un chercheur de trésor, un érudit ou simplement par accident. Ils sont alors exposés aux appels lancinants d'une déesse assoiffée d'amour, de dévotion et d'attention qui émanent de son image de bronze. Certains, enclins à aimer et à chérir les femmes, peuvent être influencés par leur aura. Néanmoins la plupart, fidèles aux enseignements des religions du livre, n'éprouvent qu'aversion ou dégoût pour ces représentations qu'ils jugent indécentes et perverses.
Ceux qui tombent sous le charme de la statue éprouvent des sentiments allant d'un simple intérêt curieux à la passion la plus incontrôlable, en passant par le respect mêlé de dévotion, lesquels peuvent se manifester de diverses façons. Les personnes les moins influencées chercheront à être présent près de la statue et auront tendance à l'affubler d'objets. D'autres, dotées d'un esprit plus influençable, chercheront à réparer la statue, à l'exposer, à la protéger et, s'ils en ont l'occasion, à s'en emparer pour leur propre profit. Les plus réceptives aux appels de la déesse voudront la vêtir et l'embellir à tout prix, lui parleront, auront des gestes tendres envers elle et chercheront à la réparer et à s'en emparer par tous les moyens, quitte à recourir à la force. Ceux-là éprouvent non pas de l'amour pour la statue, mais une forme de passion démente qui peut les mettre au ban de leur société.
Soumis à l'influence d'une déesse personnifiant ce qu'il y a de beau et de bon dans la féminité, nombre de mortels, qu'ils aient sombré dans la passion ou non, sont susceptibles de s'éprendre d'elle par l'intermédiaire de sa statue, se désintéressant de ce fait des êtres de chair. Si cet amour est sincère et dénué de malice ou de désir égoïste, un lien affectif et empathique se crée avec la déesse qui peut dès lors se nourrir des sentiments d'amour, de dévotion et d'exaltation de son prétendant, qu'elle inonde en retour d'une sensation de chaleureuse douceur. Ainsi alimentée par l'amour indéfectible d'un mortel, elle accumule petit à petit la puissance nécessaire pour accomplir un prodige. Mue par son désir de vénération et de contact avec les mortels, elle donne vie à la statue et lui délègue une part de sa personne, transformant le bronze en chair : l'air soulève sa poitrine, sa peau devient tendre et chaude, son teint pâlit, le sang afflue à ses lèvres carmines et ses cheveux ondulent au vent. La déesse incarne une grande part de son être dans la statue et s'attache à rendre son affection au mortel qu'elle s'est choisie, qu'elle agisse par calcul ou éprouve des sentiments sincères à l'égard de son nouvel amant. Elle demeure toutefois une déesse et exige de lui attention, dévotion, amour et vénération, lorsqu'il ne s'agit pas de soumission aveugle à ses désirs. Ce qu'elle exige en matière de dévotion à sa personne, elle le rend en amour : elle se moque de l'allure de son amant, de sa beauté, de sa richesse ou de son intellect et fait tout ce qui est en son pouvoir pour rendre agréable son passage sur terre.
Si la statue relaie les sentiments les plus nobles à sa déesse, elle est en revanche impitoyable avec les sacrilèges et les misogynes. Si un mortel vient à se comporter d'une façon qui déplaît à la statue, celle-ci ne l'oubliera pas. La nuit tombée, à la faveur de l'obscurité, le bronze s'anime pour trouver sa victime. La statue en fait son amant d'une nuit et étreint son corps, le bronze brisant les os et broyant la chair jusqu'à ce que le dernier souffle de vie l'ait quitté.
C'est surtout pour ces meurtres que ces créatures sont connues car nul ayant pour compagne l'avatar d'une déesse ne s'en vante. En revanche, certains décès suspects désignent, contre toute logique, certaines statues conservées ça et là comme des œuvres d'art. Des histoires circulent, des rumeurs se répandent. Et la peur de la colère des dieux anciens, qu'on qualifie de démons, se répand dans le coeur des mortels.
Une veuve brune évite le combat et n'en provoquera aucun tant qu'elle n'est pas en colère. Elle se contente de s'accoupler avec les mortels qui ont insulté sa déesse de façon assez grave pour éveiller sa colère. Si elle doit en venir aux mains, elle dispose d'une poigne exceptionnelle et d'une résistance aux coups phénoménale. Elle ne combat pas de façon sophistiquée, se contenant de saisir et d'écraser ses adversaires. Etant faite de métal, elle est lente.
Sous sa forme mortelle, elle agit de façon normale. C'est-à-dire comme une mortelle le ferait.
Points de pouvoir
Aucun.
Niveau
Une veuve brune est une créature de niveau 15.
Métamorphose
Si sa déesse le désire, la statue peut se métamorphoser en une jeune femme d'une beauté renversante. Elle devient alors humaine à tout point de vue, perdant toute capacité propre à la statue sous sa forme métallique. La déesse lui donne une personnalité (souvent forte, exigeante voire capricieuse, colérique et passionnée mais aimante, intelligente, volontaire et talentueuse), elle est capable d'apprendre et éprouve des sentiments d'une façon similaire aux mortels, mais de façon bien plus intense. Elle exige fidélité, amour et dévotion de la part de son amant et entend ne pas être déçue. Si tel devait être le cas, cela éveillerait sa colère. Lorsque son amant décède, la statue regagne le lieu où elle se trouvait auparavant et reprend sa forme de bronze inanimé.
Il va sans dire qu'une veuve brune devenue créature de chair représente le pinacle de la féminité et de la sensualité. Elle suscite des jalousies, attise les passions et attire à elle nombre de personnes. Elle cherchera à profiter de cette situation en se créant un cercle de fidèles dévoués, les enferrant petit à petit dans son charme. Son but ultime est d'être vénérée et d'accéder à une position de pouvoir d'où son rayonnement serait plus grand encore.
Sous cette forme, la veuve brune peut-être tuée comme un autre être mortel. Néamoins, au lieu de se décomposer, elle reprend rapidement sa forme de bronze.
Charme
La statue, sous sa forme de bronze inanimé, dispense dans son aire de canalisation une aura qui influence le comportement des mortels. Tout mortel échouant à un jet de résistance contre une attaque de mentalisme d'un niveau égal à celui de la statue est considéré comme charmé. Le personnage emploie la somme de son bonus en empathie, intuition, présence et autodiscipline pour y résister. Le maître de jeu peut donner un malus à ce niveau en fonction de la compatibilité du personnage avec la personnalité de la déesse et ce qu'elle représente. Si un personnage réussi, son comportement n'est pas altéré par l'aura de la statue. S'il échoue, en revanche, il aura des réactions inhabituelles. Le maître de jeu détermine s'il s'agit de réactions hostiles ou amicales en fonction de ce en quoi le personnage croît et de sa personnalité, et de l'intensité de cette réaction en fonction de la marge d'échec.
Le charme n'est pas rompu lorsque le personnage sort de l'aire de canalisation de la statue. Il peut en revanche êter rompu par un prêtre effectuant un exorcisme ou tout autre rite visant à rompre un charme ou un envoûtement.
Résistance
Une veuve brune sous sa forme de bronze est particulièrement résistante. Les coups ne l'entament pas et il faut déployer des efforts considérables pour la fondre dans une fournaise. C'est pourquoi on s'en débarrasse souvent en les jetant à l'eau ou en les enterrant. les matériaux enchantés agissent normalement, de même que l'usure due à une exposition prolongée aux éléments naturels.
Les tentatives de réparation sont en revanche très simple, la statue aidant de façon subtile toute personne cherchant à la restaurer.
Canalisation
La statue agit pour la déesse comme un canal vers le monde des mortels. La déesse peut agir directement dans un rayon en mètres égale au niveau de la statue. En dehors de cette zone, elle demeure presque sans pouvoir. Il revient au meneur de jeu de décider des pouvoirs de la déesse. En règle générale, ils sont dépendants du nombre d'adorateurs dont elle dispose et de ses attributs. Le meneur de jeu peut par exemple décider qu'elle est capable d'étouffer les bruits que fait la statue en se déplaçant lorsque sa colère est éveillée.
La capacité de canalisation de la statue est doublée lorsqu'elle est sous forme mortelle.
Colère
Si un mortel manque de respect à la déesse en présence d'une veuve brune, ou s'il commet un sacrilège quelconque à son endroit ou à celui de la statue, il encourt la colère de la déesse. Si la statue est sous sa forme mortelle, elle poussera son amant, ou toute personne sur qui elle a autorité ou prise, à la venger. Si elle est sous sa forme de bronze, elle tuera elle-même l'impudent en s'accouplant à lui. Si le mortel est hors de portée, la déesse le maudit d'une façon particulièrement cruelle. Il trouve en effet facilement grâce aux yeux des femmes, mais ces dernières s'avèrent souvent être porteuses de maladies vénériennes.
Si son amant en vient à la trahir ou à la peiner d'une façon ou d'une autre, il subira lui aussi la pleine force de sa colère.
Faveur
La déesse peut canaliser sa faveur à travers la statue. Si un mortel lui en semble digne, elle peut lui accorder une infime fraction de sa grâce. Ce dernier devient alors un de ses favoris : ses affaires prospéreront, la chance lui sourira et autrui sera plus facilement bien disposé à son égard. Il trouvera notamment facilement faveur aux yeux des femmes.
La faveur ne peut être accordée que dans la zone de canalisation de la statue. Elle peut en revanche être révoquée à tout moment.
Subjugation
Un mortel sous le charme de la déesse peut, si elle le désire, être subjugué. C'est une action brutale qui consiste à mettre l'âme du mortel en contact avec celle de la déesse, ce qui nécessite de sa part de canaliser une grande quantité de pouvoir par la statue. Seule une déesse disposant d'un grand nombre d'adorateurs peut se permettre ce genre de prodige. L'individu ainsi exposé voit sa volonté réduite à néant. Il succombe rapidement à de tendres sentiments pour la déesse, précipitant ainsi les événements menant à la métamorphose de la statue.
Le meneur de jeu détermine les modalités permettant à un mortel de résister à une tentative de subjugation. Nous conseillons de prendre en compte la puissance de la déesse dans l'estimation des chances de résistance. Le jet se fait comme s'il s'agissait d'un jet de résistance à une attaque mentale. Seule une déesse particulièrement égoïste se permet ce genre d'anéantissement de l'esprit.
Auteur : Julien Buseyne
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